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Psychologie positive : ce qu'un MOOC universitaire vient nourrir dans ma pratique de sophrologue

  • 11 août
  • 4 min de lecture
MOOC "Introduction à la psychologie positive"

Connaissez-vous la méthode Coué ?


Vous en connaissez sans doute la version populaire, cette idée qui semble si naïve de se répéter que "tout va bien", quitte à nier ce qui ne va pas. Sauf que ce n'est pas ça, la méthode Coué. La vraie formule d'Émile Coué, c'est : "Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux." Ce n'est pas une négation du désagréable. C'est une trajectoire. Une progression.


Un siècle plus tard, la psychologie positive risque exactement la même déformation populaire. On la réduit trop souvent à "pensez positif et tout ira bien", une sorte de pays des Bisounours version scientifique, de la pensée magique habillée de concepts savants. Or ce n'est pas du tout ça.


J'ai eu beaucoup de plaisir à suivre le MOOC "Introduction à la psychologie positive" de l'Université de la Réunion par Yvan Paquet, avec des intervenants qui ne cèdent jamais à cette dérive. Charles Martin-Krumm le dit lui-même, dès les premiers modules : ce n'est "ni de la pensée positive, ni une méthode unique, ni une psychologie Bisounours c'est une approche scientifique." Et çà moi, çà me rassure, je sais que je suis donc au bon endroit pour apprendre !


Ce que j'y ai trouvé, ce sont des résonances, des éclairages, un vocabulaire scientifique qui vient parfois clarifier, préciser ce que j'observe déjà sur le terrain : de la modulation de la douleur par l'état émotionnel, au rôle de la spiritualité dans l'ajustement aux maladies chroniques, en passant par ce qui pousse réellement quelqu'un à s'approprier durablement un outil de santé.


Un apport qui m'intéresse particulièrement : la douleur


Et donc forcément j'ai plus particulièrement apprécié le dernier module intitulé "Psychologie positive, santé et maladie" et en particulier la partie concernant la douleur, un sujet que je côtoie au quotidien dans mes accompagnements. Une étude en contexte hospitalier réel a par exemple montré qu'une induction émotionnelle positive divisait par deux la douleur perçue après une opération à cœur ouvert, sans traitement médicamenteux supplémentaire. D'autres travaux montrent qu'un soutien affectif de l'entourage peut lui aussi atténuer la douleur ressentie. Ce sont des illustrations parmi d'autres d'un principe de plus en plus reconnu en santé intégrative : la dimension psychologique et émotionnelle fait partie intégrante de la prise en charge, aux côtés du soin médical : le modèle biopsychosocial.


Ce même principe se retrouve d'ailleurs dans l'effet placebo, trop souvent perçu (à tort !) comme la preuve qu'"il n'y avait rien de grave", alors qu'il s'agit au contraire d'une démonstration neurobiologique bien documentée : la croyance peut déclencher de vrais mécanismes physiologiques de soulagement. Une intuition qu'Émile Coué avait déjà, un siècle avant que la médecine d'aujourd'hui ne vienne la confirmer.


Ce que la recherche vient préciser sur l'appropriation des outils


Un principe m'a aussi intéressé dans ce cours : ce n'est pas la certitude d'un résultat qui motive une personne à changer, mais sa croyance de pouvoir elle-même produire le comportement demandé. Bandura appelle ça le "sentiment d'efficacité personnelle" et ça rejoint tellement ce que j'observe tous les jours dans mes accompagnements : proposer un outil ne suffit pas ; encore faut-il que la personne se l'approprie et se sente capable de le mettre en œuvre dans son quotidien, de façon autonome.


Ce cours m'a aussi permis de mettre des mots sur une intuition de terrain : deux personnes recevant le même outil d'accompagnement peuvent en tirer des bénéfices très différents, selon la façon dont elles interprètent leurs propres essais, réussis ou non. Un patient qui vit un échec ponctuel comme "rien ne marche jamais pour moi" ne s'engage pas de la même manière qu'un patient qui le vit comme "ça n'a pas fonctionné cette fois-ci mais je veux réessayer". La psychologie positive nomme ça le style explicatif et, bonne nouvelle, il n'est pas figé : il peut évoluer.


La maladie chronique : le bien-être comme facteur protecteur, pas comme confort annexe


Plusieurs études présentées dans ce module m'ont aussi beaucoup intéressées. Chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, un facteur de bien-être psychologique prédit significativement les affects positifs vécus au quotidien. En soins palliatifs, le bien-être spirituel des patients en phase terminale de cancer s'est révélé protecteur contre le sentiment de désespoir. Ce ne sont pas des variables secondaires : ce sont des leviers cliniques à part entière, aux côtés du traitement médical.


Ce que j'en retiens


Ce MOOC m'a donné des pièces précieuses : le sentiment d'efficacité personnelle, le style explicatif, la motivation autodéterminée, les ressources spirituelles. Dans ma pratique d'accompagnement, c'est souvent là où ces pièces se rencontrent que se joue la vraie question : pourquoi certains patients s'approprient les outils qu'on leur transmet et progressent, quand d'autres restent enfermés dans la plainte ?


C'est cette question qui nourrit ma curiosité de formation continue. Je reste sophrologue, formée à l'éducation thérapeutique du patient, avec cette envie de toujours apprendre pour comprendre et mieux accompagner. Mieux comprendre les leviers de l'autonomisation et de la prévention en santé (sommeil, alimentation, activité physique, régulation du stress...), comment amener une personne à prendre soin d'elle-même, à prévenir l'aggravation d'une pathologie existante, à réduire une symptomatologie, à améliorer sa qualité de vie, c'est ce qui me motive au quotidien. Rendre mon accompagnement plus juste et plus ajusté à chaque personne que je reçois passe par là. Se former, encore et toujours, avec des sources fiables, des apprentissages issus de la science.


Source : MOOC "Introduction à la Psychologie positive" avec Yvan Paquet, Marion Trousselard, Charles Martin-Krumm , Jean Heutte, Fabien Fenouillet , Rebecca Shankland et Cyril Tarquinio.

Estelle ROUQUIER, sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des douleurs et pathologies chroniques

Je suis Estelle ROUQUIER, sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des douleurs et pathologies chroniques, formée à la cohérence cardiaque, à l'éducation thérapeutique du patient et aux neurosciences appliquées.

Je reçois en libéral à Saint-Leu (La Réunion) et accompagne également des personnes à distance.

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