Vous souffrez d’acouphènes ? L'un de vos proche ou patient est concerné ?
- 12 mars
- 4 min de lecture

Les acouphènes restent encore mal compris, aussi bien par le grand public que parfois par les professionnels de santé. Pourtant, ils concernent des millions de personnes et peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie.
En ce jeudi 12 mars 2026, dans le cadre de la 26ème édition de la Journée Nationale de l'Audition, je vous propose quelques repères essentiels pour mieux comprendre ce phénomène.
Les acouphènes, qu’est-ce que c’est exactement ?
Le terme « acouphène » désigne la perception d’un son en l’absence de source sonore externe : sifflements, bourdonnements, grésillements ou pulsations.
Dans 95 % des cas, il s’agit d’acouphènes dits subjectifs, c’est-à-dire qu’ils ne sont perçus que par la personne qui en souffre. Les acouphènes dits objectifs sont beaucoup plus rares (environ 5 %) et souvent liés à des causes vasculaires.
Les acouphènes peuvent être décrits selon plusieurs caractéristiques :
leur intensité
leur tonalité (sifflement, bourdonnement…)
leur localisation (une oreille, les deux, ou dans la tête)
leur évolution dans le temps.
Un phénomène fréquent
Les études européennes estiment que près de 15 % des adultes présentent des acouphènes.
Mais tous ne sont pas vécus de la même manière :
environ 6 % des personnes les considèrent gênants
environ 1 à 2 % souffrent d’acouphènes sévères.
Dans certains cas, les acouphènes peuvent entraîner :
troubles du sommeil
difficultés de concentration
anxiété ou dépression
altération importante de la qualité de vie.
Des causes multiples
L'acouphène n'est pas une maladie en tant que telle mais un symptôme qui peut avoir de nombreuses origines.
Parmi les causes possibles :
lésions des cellules de l’oreille interne (souvent liées au bruit)
infections ou pathologies de l’oreille
troubles métaboliques (ex : diabète)
causes neurologiques ou vasculaires
certains médicaments
traumatismes sonores.
Ils peuvent également être influencés ou aggravés par des facteurs psychologiques, comme l’anxiété ou la dépression.
Acouphènes et hyperacousie : des troubles souvent associés
Certaines personnes développent aussi une hypersensibilité aux sons, appelée hyperacousie.
Dans ce cas, des bruits du quotidien deviennent difficiles à supporter, voire douloureux.
Les deux troubles sont très fréquemment liés : les acouphènes sont présents dans près de 86 % des cas d’hyperacousie.
Un diagnostic parfois long
L’un des problèmes majeurs identifié est l’errance diagnostique.
Les acouphènes étant subjectifs, leur évaluation repose principalement sur :
l’interrogatoire du patient
l’analyse du retentissement sur la qualité de vie
des questionnaires standardisés comme le THI (Tinnitus Handicap Inventory) ou le TFI (Tinnitus Functional Index).
Cette évaluation est essentielle pour déterminer le niveau de handicap et la stratégie de prise en charge.
Il existe aujourd'hui de nombreuses possibilités de prise en charge
Aujourd’hui, aucun médicament ne permet de supprimer les acouphènes chroniques.
En revanche, il existe aujourd’hui de nombreuses approches permettant d’en réduire fortement l’impact, et parfois de ne plus les percevoir du tout au quotidien.
L’objectif de la prise en charge est d’initier un processus d’habituation : le cerveau apprend progressivement à reléguer le signal sonore au second plan, comme il le fait déjà avec de nombreux stimuli sensoriels (on ne voit pas le bout de son nez, sauf si on le cherche).
Chez certaines personnes, cette habituation peut aller jusqu’à une disparition complète de la perception consciente de l’acouphène.
Plusieurs types d’accompagnements peuvent y contribuer :
suivi ORL et bilan auditif
appareillage auditif lorsqu’une perte auditive est associée
thérapies sonores
thérapies cognitives et comportementales
accompagnement psychologique
techniques de régulation du stress et de l’attention (relaxation, sophrologie, méditation…).
Les recommandations actuelles soulignent l’intérêt d’une approche multidisciplinaire, adaptée à chaque personne et à son vécu des symptômes.
Le rôle essentiel du counselling
Dans l’accompagnement des personnes souffrant d’acouphènes, le counselling occupe une place centrale.
Il s’agit d’un temps d’information, d’explication et d’accompagnement qui permet à la personne de mieux comprendre ce qui se passe dans son système auditif et dans son cerveau. L’objectif est de réduire l’anxiété liée à l’incompréhension du symptôme, qui peut amplifier la perception des acouphènes.
Le counselling aide notamment à :
expliquer les mécanismes neurophysiologiques des acouphènes
corriger certaines croyances ou idées fausses
comprendre les facteurs qui aggravent la perception (stress, hypervigilance, silence…)
identifier des stratégies concrètes pour mieux vivre avec ces perceptions.
Ce travail d’information et d’accompagnement constitue souvent la première étape du processus d’habituation, car lorsque la personne comprend ce qui se passe et reprend un sentiment de contrôle, l’attention portée à l’acouphène diminue progressivement.
Dans de nombreux programmes de prise en charge, le counselling est associé à d’autres approches comme les thérapies sonores, l’appareillage auditif, les thérapies cognitives et comportementales ou les techniques de gestion du stress.
📚 Sources
Association JNA – « Acouphènes et hyperacousie : fléaux du XXIᵉ siècle », guide d’information réalisé avec le concours de Roselyne Nicolas, membre du comité scientifique de la JNA et présidente de l’association France Acouphènes.
Haute Autorité de Santé (HAS) – Acouphènes chroniques invalidants chez l’adulte : diagnostic et prise en charge, note de cadrage, février 2024.
TRI Tinnitus Flowchart – schéma de prise en charge basé sur le modèle de Tinnitus Retraining Therapy (TRT) développé par Pawel Jastreboff, illustrant l’importance du counselling et de l’accompagnement éducatif dans le processus d’habituation.

Je suis Estelle ROUQUIER, sophrologue spécialisée dans l’accompagnement des troubles de l’audition : acouphènes, hyperacousie et vertiges.
J’ai été formée à cette prise en charge par Patricia Grévin, sophrologue spécialisée et vice-présidente de l’Association Française des Équipes Pluridisciplinaires en Acouphénologie (AFREPA).
J’applique notamment les protocoles développés au sein du Pôle Sophrologie et Acouphènes®, dont je suis la référente à La Réunion.
Je consulte à Saint-Leu (La Réunion) et accompagne également des personnes à distance.


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